Lorsqu'on parle de synthétiseurs, on est rapidement confronté aux termes "synthétiseur analogique" et "synthétiseur numérique".

Mais qu'est-ce qui se cache derrière cette terminologie ?

La différence est finalement assez simple ; il s'agit de la technologie utilisée pour les composants électroniques.

Synthétiseurs analogiques

Il s'agit de synthétiseurs basés uniquement sur des composants électroniques "analogiques" (des transistors, des diodes, des condensateurs, des résistances...). C'est la technologie des années 60 et 70.

Les signaux sont des tensions électriques (en général, entre 0 et 5 Volts). Une variation de cette tension modifie le signal, et affecte donc la stabilité des caractéristiques du son.

Exemple : si le signal n'est pas stable et oscille entre 4,5 V et 5V, le son en sera affecté et lui non plus de sera pas stable.

C'est le principal inconvénient de ces synthétiseurs pour lesquels les conditions externes (température, humidité...) ont un impact sur les composants électroniques et la stabilité des signaux ; il est donc nécessaire de les accorder régulièrement.

Les premiers albums de Jean-Michel Jarre (Oxygène, Equinoxe, Magnetic Fields) et des autres artistes de cette époque ont été réalisés avec ces synthétiseurs.

Mais finalement, les artistes comme Jean-Michel Jarre les apprécie particulièrement, même si les mêmes réglages ne donnent pas toujours les mêmes résultats, car ils sont finalement plus "chaleureux", apportent toujours leur lot de surprises et en cela se rapproche des instruments acoustiques.

Un exemple de synthétiseur modulaire analogique en cliquant sur ce lien

Synthétiseurs numériques

A partir des années 80 sont apparus les synthétiseurs numériques. Ils ont basés sur les technologies numériques que l'on retrouve maintenant partout (microprocesseurs, mémoires RAM, ROM...) et nées avec le développement de la micro-informatique sur la même période.

Comme tout système électronique, l'information reste basée sur des signaux électriques mais la différence est que ce n'est plus directement le signal électrique qui est utilisé ; en fait, numérique signifie que le signal est codé en une suite de 0 et de 1 (c'est ce qu'on appel le code binaire), 0 correspondant à une tension de 0 volt et 1 correspondant par exemple à une tension de 5 volts. C'est cette "suite de 0 et de 1" qui correspond au signal.

Mais alors, quel est l'avantage de cette technologie ?

Et bien c'est très simple : l'instabilité de la tension électrique n'est plus un handicap. Car même si on a 0,5 volt au lieu de 0 volt, le "système numérique" considère que cela correspond au code binaire 0. De la même façon, si on a 4,5 volts au lieu de 5 volts, le système va considérer que cela correspond au code binaire 1.

Donc, les faibles variations de la tension électrique n'affecte finalement pas le code numérique correspondant à une suite de 0 et de 1. Le signal n'est plus affecté par les conditions externes et reste stable dans le temps.

Si on effectue les mêmes réglages à plusieurs jours d'intervalle, on aura exactement le même son.

Par ailleurs, cette technologie a permis de mettre en place une norme de communication entre les différents synthétiseurs, ainsi qu'avec les ordinateurs : il s'agit de la norme MIDI.

Au final

Aujourd'hui, la quasi totalité des synthétiseurs sont basés sur les technologies numériques. On parle même dans certains cas de synthétiseurs numériques à modélisation analogique car ils ont les mêmes potentiomètres en façade et produisent les mêmes types de sons que les synthétiseurs analogiques des années 70, mais en se basant uniquement sur les composants numériques.

Cependant, il existe encore des synthétiseurs haut de gamme qui mixent électronique numérique et électronique analogique, afin de bénéficier de la "chaleur" et des "gros sons" des synthétiseurs analogiques tout en bénéficiant des capacités de mémorisation et de communication de la technologie numérique.

Un exemple : l'Alesis A6 Andromeda

Alesis_A6Andromeda